# À quoi sert le numéro SIRET et comment le contrôler ?
Dans l’univers entrepreneurial français, le numéro SIRET constitue l’une des pierres angulaires de l’identification des entreprises. Attribué systématiquement lors de toute création d’établissement sur le territoire national, cet identifiant à 14 chiffres joue un rôle primordial dans l’ensemble des relations administratives, fiscales et commerciales. Sa fiabilité conditionne la validité de nombreuses démarches officielles, depuis l’établissement d’une simple facture jusqu’à la participation à des marchés publics de plusieurs millions d’euros. Pourtant, malgré son utilisation quotidienne par des millions de professionnels, les mécanismes précis de sa composition et les méthodes rigoureuses permettant d’en vérifier l’authenticité demeurent souvent méconnus. Cette lacune peut exposer les entreprises à des risques de fraude, des erreurs administratives coûteuses ou des sanctions fiscales évitables.
Définition et composition du numéro SIRET : identifiant unique d’établissement
Le numéro SIRET, acronyme de Système d’Identification du Répertoire des ÉTablissements, représente bien plus qu’une simple série de chiffres. Il constitue l’identité administrative de chaque lieu physique où s’exerce une activité professionnelle. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas l’entreprise dans son ensemble qui possède un SIRET, mais bien chacun de ses établissements distincts. Cette distinction fondamentale permet à l’administration française de cartographier avec précision l’implantation géographique de l’activité économique sur l’ensemble du territoire. Lorsque vous créez votre société ou lancez votre activité indépendante, l’INSEE vous attribue automatiquement ce précieux sésame qui vous accompagnera tout au long de la vie de votre établissement.
Structure à 14 chiffres : SIREN + NIC (numéro interne de classement)
La structure du SIRET obéit à une logique implacable qui mérite d’être décortiquée. Les neuf premiers chiffres correspondent exactement au numéro SIREN, l’identifiant unique de l’entité juridique. Ce SIREN reste invariable pour une entreprise donnée, quelle que soit l’évolution de ses établissements. Les cinq chiffres suivants constituent le NIC, ou Numéro Interne de Classement, qui identifie spécifiquement chaque établissement rattaché à cette entité. Par exemple, si votre entreprise possède un siège social et deux boutiques, vous disposerez d’un seul SIREN mais de trois SIRET différents. Le NIC change systématiquement lors d’un déménagement d’établissement, permettant ainsi de tracer l’historique géographique de vos implantations.
Différence entre SIRET, SIREN et code APE dans le répertoire SIRENE
La confusion entre ces trois identifiants administratifs génère régulièrement des malentendus dans les échanges professionnels. Le SIREN identifie l’entreprise en tant que personne morale ou physique, tandis que le SIRET précise l’établissement concerné. Quant au code APE (Activité Principale Exercée), il s’agit d’une nomenclature statistique composée de quatre chiffres et une lettre qui classe votre activité selon la nomenclature de l’INSEE. Ces trois éléments s’inscrivent dans le répertoire SIRENE, cette immense base de données centralisée qui recense l’ensemble des entreprises et établissements actifs sur le territoire français. Maîtriser ces distinctions vous évitera bien des erreurs lors de vos déclarations administratives et facilitera vos relations avec les organismes officiels.</p
En pratique, le SIREN et le SIRET vous permettent d’identifier qui est l’entreprise et où se situe précisément l’établissement, tandis que le code APE indique ce que vous faites. C’est un peu comme une carte d’identité d’entreprise : le SIREN correspond au numéro national, le SIRET à l’adresse exacte, et le code APE à votre « profession officielle ». Lorsque vous contrôlez un numéro SIRET, il est donc essentiel de vérifier la cohérence de ces 3 éléments dans le répertoire SIRENE pour s’assurer que l’établissement existe bien, qu’il est en activité et qu’il exerce l’activité annoncée.
Attribution par l’INSEE lors de l’immatriculation au registre du commerce
L’attribution du numéro SIRET intervient au moment de l’immatriculation de l’entreprise ou de la déclaration de début d’activité. Concrètement, vous effectuez désormais toutes vos formalités de création via le Guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr). Une fois votre dossier validé (pièce d’identité, statuts, justificatif de domiciliation, etc.), les informations sont transmises à l’INSEE qui procède à l’inscription de votre structure dans le répertoire SIRENE et génère automatiquement le couple SIREN / SIRET.
Si vous créez une société commerciale ou une entreprise individuelle commerçante, cette étape est couplée à votre immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Le greffe du tribunal de commerce reçoit votre dossier via le Guichet unique, contrôle les pièces, puis notifie l’INSEE. L’INSEE attribue alors votre SIREN et au moins un SIRET (pour votre siège social), qui figureront ensuite sur votre extrait Kbis. Pour les activités artisanales, libérales ou agricoles, le mécanisme reste identique : seul l’organisme relais (chambre de métiers, URSSAF, chambre d’agriculture) change, mais c’est bien l’INSEE qui demeure l’autorité d’attribution du SIRET.
Cas particuliers : établissements secondaires et sièges sociaux multiples
Dès qu’une entreprise exploite plusieurs lieux d’activité, la logique du SIRET prend tout son sens. Chaque établissement secondaire – magasin, atelier, bureau, entrepôt – se voit attribuer son propre numéro SIRET, tout en partageant le même SIREN que la maison-mère. Ainsi, une PME avec un siège social à Lyon et deux agences à Marseille et Lille disposera d’un SIREN unique mais de trois SIRET distincts, chacun rattaché à une adresse précise. Cette granularité permet notamment de ventiler les obligations sociales, fiscales ou statistiques par site.
Le cas des « sièges sociaux multiples » est plus subtil. Juridiquement, une société n’a qu’un seul siège social, mais elle peut disposer de directions régionales, de centres de décision ou de bureaux administratifs dans différents départements. Chacun de ces sites est alors traité comme un établissement au sens du SIRET, même s’il n’est pas le siège social au sens des statuts. En cas de transfert de siège, l’ancien établissement est « fermé » et un nouveau SIRET est attribué à l’adresse de destination, tandis que le SIREN demeure inchangé. Pour contrôler un SIRET dans ces situations, il est donc crucial de vérifier non seulement l’existence de la société, mais aussi le statut (ouvert/fermé) de l’établissement concerné dans le répertoire SIRENE.
Fonctions juridiques et administratives du SIRET pour les entreprises françaises
On réduit parfois le numéro SIRET à une simple formalité administrative, alors qu’il irrigue en réalité l’ensemble de la vie de l’entreprise. Cet identifiant à 14 chiffres intervient aussi bien dans vos relations avec l’administration fiscale que dans vos échanges avec vos clients, fournisseurs, salariés ou partenaires publics. Sans SIRET, impossible d’émettre une facture régulière, de déposer une déclaration sociale ou même de candidater à la plupart des appels d’offres. Comprendre à quoi sert concrètement le SIRET vous permet aussi de mieux mesurer les risques lorsqu’un partenaire ne peut pas (ou ne veut pas) vous le communiquer.
Identification fiscale auprès de la DGFIP et déclarations de TVA
Sur le plan fiscal, le SIRET est l’un des piliers de votre identification auprès de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP). Dès l’immatriculation, l’administration fiscale rattache vos obligations fiscales (impôt sur les sociétés ou sur le revenu, cotisation foncière des entreprises, TVA, etc.) à votre SIREN et à vos différents SIRET. C’est notamment à partir de ces identifiants que sont ouvertes vos « fiches » dans les systèmes d’information de la DGFIP et que sont gérées vos comptes fiscaux en ligne.
Le SIREN entre également dans la composition de votre numéro de TVA intracommunautaire, indispensable pour facturer et déclarer des opérations avec des clients ou fournisseurs situés dans l’Union européenne. Même si le numéro de TVA se présente différemment (ex. FR XX 123 456 789), il repose en réalité sur votre SIREN. Lorsqu’on contrôle un SIRET, on s’assure donc indirectement que la base de ce numéro de TVA est valide et correspond bien à une entreprise réelle. En cas de contrôle fiscal, la cohérence entre SIRET, SIREN, numéro de TVA et adresse d’exploitation fait partie des premiers points vérifiés.
Mentions obligatoires sur les factures selon l’article L.441-9 du code de commerce
Sur le terrain commercial, le numéro SIRET occupe une place centrale à travers les mentions obligatoires figurant sur les factures. L’article L.441-9 du Code de commerce impose un ensemble d’informations destinées à sécuriser les transactions et à lutter contre la fraude. Parmi ces mentions figurent notamment le numéro SIREN ou SIRET de l’entreprise, la forme juridique, l’adresse de l’établissement émetteur, ainsi que, le cas échéant, le numéro de TVA intracommunautaire. Une facture dépourvue de SIRET ou comportant un SIRET erroné peut être considérée comme irrégulière, avec des conséquences fiscales potentiellement lourdes (refus de déduction de la TVA, remise en cause de la charge, etc.).
Pour les groupes multi-établissements, indiquer le bon SIRET – celui de l’établissement qui réalise réellement la prestation ou la livraison – permet aussi de suivre plus finement le chiffre d’affaires et la répartition des activités. Pour vous protéger, vous avez tout intérêt à vérifier systématiquement le SIRET de vos fournisseurs ou sous-traitants avant de régler leurs factures : un rapide contrôle en ligne permet de s’assurer que l’établissement existe, qu’il est toujours actif et qu’il exerce bien l’activité indiquée sur le document.
Utilisation dans les procédures de marchés publics et appels d’offres
Dans le cadre des marchés publics, le SIRET est un véritable sésame. Lorsqu’une entreprise candidate à un appel d’offres, elle doit impérativement mentionner le SIRET de l’établissement qui exécutera le marché. Les acheteurs publics utilisent ensuite cet identifiant pour consulter automatiquement les bases de données officielles (répertoire SIRENE, RNE, RCS, listes de sanctions, etc.). Le SIRET sert ainsi à vérifier l’existence légale de la société, son état (en activité, en liquidation, radiée), mais aussi certains éléments de solvabilité ou d’éligibilité.
Les plateformes de dématérialisation des marchés publics s’appuient de plus en plus sur ces identifiants pour pré-remplir les formulaires (DUME, DC1, DC2…) et limiter les erreurs. Un SIRET mal saisi peut entraîner le rejet automatique d’un dossier, même si l’entreprise remplit par ailleurs toutes les conditions. De votre côté, contrôler le SIRET d’un donneur d’ordre public ou parapublic vous permet aussi de vous assurer que vous traitez bien avec l’entité juridique adéquate, notamment en cas de groupements, d’établissements publics ou de filiales.
Rôle dans les déclarations sociales URSSAF et DSN
Sur le volet social, le SIRET est tout aussi incontournable. Il sert à identifier chaque établissement employeur auprès de l’URSSAF, de la MSA pour les activités agricoles, et de l’ensemble des organismes de protection sociale complémentaire. Dans la Déclaration Sociale Nominative (DSN), qui a progressivement remplacé la quasi-totalité des déclarations sociales, chaque salarié est rattaché à un établissement identifié par un SIRET précis. C’est grâce à cet identifiant que les cotisations sont correctement ventilées entre les différents sites et que les droits sociaux des salariés (assurance chômage, retraite, prévoyance) sont correctement comptabilisés.
Pour un employeur multi-sites, la bonne gestion des SIRET est donc cruciale : une erreur d’affectation d’un salarié à un mauvais établissement peut provoquer des anomalies de cotisations, voire des redressements. De la même manière, lorsqu’un établissement ferme ou déménage, la mise à jour rapide des SIRET et des déclarations sociales évite des situations de double appel de cotisations ou d’« établissements fantômes » dans les systèmes de l’URSSAF. Là encore, la vérification régulière de la liste des SIRET actifs de votre entreprise sur le répertoire SIRENE est un réflexe à adopter.
Méthodes de vérification et contrôle de validité d’un numéro SIRET
Comment savoir si un numéro SIRET est valide, actif et rattaché à la bonne entreprise ? Entre les erreurs de saisie, les approximations et les tentatives de fraude, il est indispensable de disposer de méthodes de contrôle simples et fiables. Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin d’être développeur ou fiscaliste pour effectuer un premier niveau de vérification. De l’algorithme de Luhn aux bases de données publiques, plusieurs outils gratuitement accessibles vous permettent de vérifier la cohérence d’un SIRET en quelques clics.
Algorithme de luhn pour valider la cohérence mathématique du SIRET
Le premier contrôle à effectuer sur un numéro SIRET consiste à vérifier sa cohérence mathématique. Pour cela, on utilise l’algorithme de Luhn, un procédé de calcul de contrôle largement utilisé pour sécuriser les numéros d’identification (cartes bancaires, numéros de sécurité sociale, etc.). Le principe est simple : chaque chiffre du numéro est pris en compte selon une règle de pondération, et le résultat final doit être divisible par 10. Si ce n’est pas le cas, le SIRET est nécessairement erroné (mauvaise saisie ou numéro fictif).
Pour le SIRET, l’algorithme de Luhn se déroule en 4 grandes étapes : on part de la droite, on double un chiffre sur deux, on additionne les chiffres des produits obtenus et des autres positions, puis on vérifie que le total est un multiple de 10. De nombreux sites et bibliothèques logicielles intègrent déjà ce contrôle : un simple copier-coller du SIRET permet de savoir si le numéro est mathématiquement valide. Attention toutefois, un SIRET conforme à l’algorithme de Luhn n’est pas forcément un SIRET existant ou actif dans SIRENE : c’est un préfiltre, pas une preuve.
Consultation de l’annuaire des entreprises de l’INSEE (avis-situation-sirene.insee.fr)
Pour vérifier qu’un SIRET correspond bien à une entreprise réelle et active, la référence reste l’Annuaire des Entreprises et le service officiel d’« avis de situation » au répertoire SIRENE. À partir d’un SIREN, d’un SIRET ou même du nom de l’entreprise, vous pouvez télécharger gratuitement un document attestant de la situation de l’établissement : raison sociale, adresse, code APE, date de création, état d’activité (active, fermée, en cessation…). Cet avis de situation fait foi auprès de l’administration et peut être demandé par certains partenaires (banques, bailleurs, donneurs d’ordre) comme pièce justificative.
Concrètement, le contrôle est très simple : vous saisissez le numéro SIRET sur le portail dédié, vous vérifiez que la fiche obtenue correspond bien à l’entreprise et à l’adresse annoncées, puis vous enregistrez ou imprimez l’avis au format PDF. En quelques secondes, vous savez si le SIRET est valide, si l’établissement est en activité et si les informations fournies par votre interlocuteur sont cohérentes. Pour un contrôle plus global, vous pouvez aussi partir du SIREN et visualiser la liste de tous les SIRET rattachés, ce qui permet de repérer d’éventuels établissements inconnus… ou au contraire de constater qu’un site annoncé n’existe pas officiellement.
Vérification via l’API sirene de l’INSEE et bases de données open data
Pour les structures qui doivent contrôler de nombreux SIRET (plateformes de mise en relation, grands groupes, banques, assureurs, etc.), l’INSEE met à disposition une API Sirene et des jeux de données en open data. Ces outils permettent d’automatiser les vérifications, par exemple lors de l’inscription d’un nouveau fournisseur ou de la création d’un compte client professionnel. En interrogeant directement la base SIRENE, l’API renvoie les informations officielles liées au SIRET : raison sociale, adresse, état d’activité, date de création, catégorie juridique, code APE, etc.
Pour vous, même si vous n’êtes pas développeur, cette possibilité est intéressante à connaître : de plus en plus de logiciels de facturation, ERP ou CRM intègrent ces contrôles en natif. Lors de la saisie d’un SIRET, le logiciel va automatiquement interroger la base publique pour pré-remplir la fiche de l’entreprise et vérifier sa validité. C’est un peu comme un « anti-spam » pour vos données fournisseurs ou clients : vous limitez les erreurs de saisie, vous évitez de travailler avec des structures radiées et vous disposez toujours d’informations à jour sur vos partenaires commerciaux.
Utilisation du portail infogreffe pour croiser les informations RCS
Au-delà des bases tenues par l’INSEE, le portail Infogreffe (et désormais les services du registre du commerce et des sociétés via le RNE) constitue un complément précieux pour contrôler un SIRET. À partir du numéro SIREN ou SIRET, vous pouvez rechercher une société immatriculée au RCS et obtenir des extraits Kbis, des comptes annuels ou des historiques de procédures collectives. L’intérêt de ce croisement est de confronter les données SIRENE (orientation statistique et administrative) avec les données juridiques du RCS (immatriculation, capital, dirigeants, procédures en cours).
En pratique, vous pouvez par exemple vérifier qu’un fournisseur qui se présente comme « en activité » n’est pas en réalité en redressement ou en liquidation judiciaire, ou encore que le dirigeant signataire du contrat est bien celui déclaré au registre. Là aussi, le SIRET sert de clé d’entrée dans les différentes bases. C’est un peu l’équivalent, pour le monde des entreprises, du numéro de carte grise pour un véhicule : grâce à lui, vous remontez rapidement à toutes les informations légales disponibles.
Détection des anomalies : SIRET radié, cessé ou inexistant
Contrôler un SIRET ne se limite pas à vérifier qu’il existe : il faut aussi s’assurer qu’il est toujours valide et que l’établissement n’a pas été fermé, transféré ou radié. Les tentatives d’usurpation d’identité d’entreprise ou d’utilisation de SIRET « dormants » ne sont pas rares, notamment dans les secteurs exposés (bâtiment, intérim, e-commerce). Savoir repérer les signaux faibles d’une anomalie vous aidera à éviter des impayés, des litiges ou des remises en cause fiscales.
Statut de radiation et cessation d’activité dans le répertoire SIRENE
Lorsqu’un établissement cesse définitivement son activité (fermeture de site, cessation d’activité de l’entrepreneur individuel, dissolution de société, etc.), l’INSEE enregistre l’information dans le répertoire SIRENE. Le SIRET concerné passe alors à l’état « fermé » ou « radié ». Il reste traçable dans l’historique, mais il ne doit plus être utilisé dans les échanges actuels. Si vous contrôlez un SIRET et que l’avis de situation SIRENE mentionne un statut de cessation, la prudence est de mise : l’établissement n’est plus supposé émettre de factures ni conclure de nouveaux contrats.
En pratique, cette situation peut se présenter lorsque vous travaillez avec une entreprise en difficulté qui tarde à vous informer de la clôture de certains sites, ou lorsqu’un prestataire mal intentionné tente de réutiliser les coordonnées d’une structure disparue. C’est pourquoi il est recommandé de vérifier régulièrement le statut des SIRET de vos principaux partenaires, surtout en cas de montants importants ou de relations commerciales nouvelles. Un SIRET radié est un indice fort de risque : avant d’engager des fonds, mieux vaut clarifier la situation juridique de votre interlocuteur.
Identification des faux SIRET et tentatives de fraude commerciale
Les faux SIRET sont souvent liés à des tentatives d’arnaque : faux sites de e-commerce, pseudo-sous-traitants, sociétés écrans pour des escroqueries à la TVA, etc. Les fraudeurs comptent sur le fait que peu de professionnels prennent le temps de vérifier les numéros fournis. Pourtant, quelques contrôles simples suffisent généralement à démasquer ces pratiques. Premier réflexe : tester le SIRET avec l’algorithme de Luhn. Si le numéro ne passe pas ce filtre, il est immédiatement suspect.
Deuxième étape : consulter l’avis de situation SIRENE avec le SIRET communiqué. Si aucune entreprise ne correspond, ou si l’entreprise trouvée n’a rien à voir avec l’activité annoncée (ex. une société de conseil alors que l’interlocuteur prétend être un grossiste en matériaux), vous avez probablement affaire à une usurpation d’identité. Enfin, vérifiez la cohérence globale : adresse du site internet, identité du dirigeant, coordonnées bancaires, etc. Un SIRET valide mais détourné peut être utilisé pour donner une apparence de sérieux à un site frauduleux. Comme pour un chèque de banque, le SIRET doit toujours être recoupé avec d’autres éléments.
Contrôle de correspondance entre SIRET et adresse d’établissement déclarée
Un autre point de vigilance concerne la concordance entre le SIRET et l’adresse d’établissement annoncée. Dans SIRENE, chaque SIRET est rattaché à une adresse géographique précise. Si votre interlocuteur vous fournit un SIRET dont l’adresse officielle ne correspond pas au lieu d’exercice indiqué (autre ville, autre région, simple boîte postale…), cela peut traduire un décalage légitime (déménagement en cours, retard de mise à jour) ou au contraire une volonté de dissimulation. Dans le doute, mieux vaut demander des justificatifs : attestation d’inscription récente, extrait Kbis, bail commercial, etc.
Ce contrôle est particulièrement important pour les entreprises qui interviennent sur des chantiers ou des sites sensibles (industrie, défense, santé…). S’assurer que le SIRET correspond bien au site d’intervention permet d’identifier qui est réellement responsable en cas d’accident ou de non-conformité. C’est aussi un moyen de repérer les montages opaques, par exemple lorsqu’une structure tente de se substituer à une autre sans effectuer les démarches de transfert d’activité nécessaires.
Obligations légales de mise à jour et conséquences du défaut de conformité
Le SIRET n’est pas qu’un numéro figé imprimé une fois pour toutes sur vos documents commerciaux. Il reflète la situation réelle de vos établissements : leur adresse, leur état d’activité, leur rattachement juridique. À ce titre, vous avez l’obligation légale de le tenir à jour en signalant tout changement à l’administration. À défaut, vous vous exposez non seulement à des sanctions, mais aussi à des difficultés très concrètes dans vos relations avec vos clients, vos salariés et les pouvoirs publics.
Procédure de modification SIRET lors de changement d’adresse ou de statut
Chaque fois que vous modifiez l’adresse d’un établissement, ouvrez un nouveau site ou fermez un point de vente, vous devez déclarer cette évolution via le Guichet unique des formalités des entreprises. Pour une entreprise individuelle, cela passe par les formulaires de type P2 (modification) ou P4 (cessation) ; pour une société, par les formulaires M2 (modification) ou M4 (radiation), souvent accompagnés d’une mise à jour des statuts et, le cas échéant, d’une publication dans un journal d’annonces légales. Une fois la formalité traitée, l’INSEE clôt l’ancien SIRET si nécessaire et en attribue un nouveau à l’établissement concerné.
Concrètement, seul le SIREN reste constant, tandis que le NIC évolue en fonction des mouvements d’établissements. Vous devez ensuite mettre à jour tous vos supports : factures, devis, mentions légales de votre site internet, bulletins de paie, contrats, etc. Ne pas le faire reviendrait à communiquer des informations inexactes à vos partenaires et à l’administration, avec à la clé des risques de contestation des documents signés. Pour éviter les oublis, il est judicieux de prévoir une check-list interne à chaque déménagement ou réorganisation d’implantation.
Sanctions administratives et fiscales en cas d’utilisation frauduleuse
L’utilisation frauduleuse d’un SIRET – qu’il soit fictif, usurpé ou volontairement non mis à jour – est loin d’être anodine. Sur le plan fiscal, l’administration peut remettre en cause la validité des factures émises sous un numéro erroné, refuser la déduction de la TVA et procéder à des redressements assortis d’intérêts de retard et de pénalités. En cas de fraude caractérisée (par exemple, utilisation du SIRET d’une autre société pour contourner une interdiction bancaire ou des dettes fiscales), des poursuites pénales pour escroquerie, faux et usage de faux ou fraude fiscale peuvent être engagées.
Sur le plan social, déclarer des salariés sous un SIRET inexact ou radié peut être assimilé à du travail dissimulé, avec des conséquences lourdes : redressement URSSAF, sanctions pénales, exclusion de certains dispositifs d’aide, voire interdiction de soumissionner à des marchés publics. Sans aller jusqu’à la fraude, une simple négligence prolongée peut suffire à attirer l’attention des contrôleurs. Mieux vaut donc considérer la gestion de vos SIRET comme un volet à part entière de votre conformité juridique et non comme un détail administratif.
Responsabilité des dirigeants selon les articles L.123-1 et suivants du code de commerce
Les articles L.123-1 et suivants du Code de commerce rappellent que toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant doit procéder à son immatriculation et tenir à jour les informations la concernant. En pratique, cela signifie que les dirigeants sont personnellement responsables de l’exactitude des données déclarées, y compris des SIRET de leurs établissements. En cas de manquement grave ou répété, leur responsabilité civile, voire pénale, peut être engagée, notamment si les inexactitudes ont causé un préjudice à des tiers (clients, fournisseurs, salariés, administration).
Pour limiter ces risques, il est recommandé de mettre en place une gouvernance claire autour des données d’identification de l’entreprise : désigner un référent interne, formaliser des procédures de mise à jour, vérifier régulièrement les informations figurant dans le répertoire SIRENE et sur les extraits Kbis. En agissant ainsi, vous démontrez votre bonne foi et votre diligence en tant que dirigeant, ce qui pourra jouer en votre faveur en cas de contrôle ou de contentieux. Au fond, contrôler et bien gérer votre numéro SIRET, c’est protéger à la fois votre entreprise… et votre propre responsabilité.